La distinction entre plaisir “vaginal” et plaisir “clitoridien” n’a pas de fondement anatomique. Comprendre le fonctionnement du corps féminin permet à toutes les femmes, y compris celles qui ressentent des douleurs, d’aborder leur sexualité de manière plus claire et épanouissante.

À l’occasion d’une journée de sensibilisation à l’endométriose organisée vendredi dernier, Mélanie Cordon, infirmière sexologue à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, a proposé un décryptage pédagogique de l’anatomie du plaisir féminin. L’objectif : déconstruire certaines idées reçues et rappeler le rôle central du clitoris dans la sexualité des femmes.
Un organe en grande partie invisible
Chez l’homme, le pénis mesure en moyenne entre 12 et 14 centimètres et est visible extérieurement. Chez la femme, la situation est différente : la majeure partie du clitoris est interne.
La seule partie visible est le gland du clitoris, situé au sommet de la vulve. Celui-ci est recouvert d’un repli de peau appelé capuchon clitoridien.
Lorsqu’une femme se masturbe ou lors des préliminaires, ce n’est d’ailleurs pas toujours le gland qui est directement stimulé.
« La tête du clitoris est extrêmement sensible, ce qui peut rendre le contact direct parfois dérangeant », explique la sexologue.
« Très souvent, ce sont les mouvements sur le capuchon qui permettent une stimulation agréable. »
Cette peau joue donc un rôle protecteur tout en facilitant la stimulation du clitoris externe et l’accès au plaisir sexuel.
Le clitoris, un organe érectile comparable au pénis ?!
Sur le plan anatomique, le clitoris fonctionne de manière similaire au pénis. Il est constitué de deux corps érectiles situés de part et d’autre de l’organe.
Lorsqu’une femme est excitée, un afflux sanguin vient remplir ces tissus érectiles, ce qui entraîne leur gonflement.
Ce phénomène provoque la compression des bulbes spongieux situés autour de l’entrée du vagin. Cette stimulation interne déclenche alors la lubrification vaginale, c’est-à-dire l’apparition de sécrétions qui humidifient naturellement le vagin.
Cette lubrification constitue la réponse physiologique normale de l’excitation sexuelle féminine.
« Clitoris ou vagin ? La question n’existe pas »
Une idée reçue très répandue oppose encore plaisir clitoridien et plaisir vaginal.
Pour la sexologue, cette distinction ne correspond pas à la réalité anatomique.
« La question de savoir si une femme a du plaisir par le clitoris ou par le vagin n’existe pas. Le plaisir vient toujours du clitoris. Ce qui change, c’est simplement la zone de stimulation. »
En effet, le clitoris possède des prolongements internes qui entourent partiellement le vagin. Lors d’une pénétration, ces structures peuvent être stimulées indirectement, ce qui explique les sensations ressenties pendant les rapports.
Les 4 phases de la réponse sexuelle humaine
La sexualité repose sur un cycle physiologique appelé réponse sexuelle humaine, qui se déroule en quatre étapes.
- La phase d’excitation
Elle se manifeste par l’érection chez l’homme et la lubrification vaginale chez la femme. - La phase de plateau
L’excitation se stabilise et l’intensité des sensations augmente. - L’orgasme
Il s’agit d’un réflexe qui survient lorsque la stimulation atteint le Point de Non Retour (PNR). Cette phase se caractérise par un plaisir intense et des contractions périnéales. Chez l’homme, elle s’accompagne généralement d’une éjaculation. Chez la femme, plusieurs orgasmes peuvent être possibles. - La phase de résolution
Le corps revient progressivement à son état initial.
Endométriose : repenser la sexualité en cas de douleurs
Ces connaissances sont particulièrement importantes pour les femmes atteintes d’endométriose. La maladie peut provoquer des douleurs lors des rapports sexuels, notamment pendant la pénétration.
Dans ce contexte, la sexologue accompagne souvent les couples pour adapter la sexualité et préserver l’intimité.
« Lorsque la pénétration devient douloureuse, il est important de rappeler que la sexualité ne se limite pas à la pénétration », souligne-t-elle.
Explorer d’autres formes de stimulation, privilégier les zones érogènes externes ou prendre le temps d’adapter les pratiques permet souvent de maintenir une vie sexuelle épanouie malgré la maladie.

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