Une nouvelle étude publiée dans Clinical Nutrition suggère que la prise quotidienne pourrait finalement être plus efficace pour améliorer certains paramètres sanguins chez les femmes carencées en fer. Une découverte qui nuance les certitudes récentes.

Depuis la fin des années 2010, plusieurs travaux scientifiques ont mis en avant les bénéfices potentiels d’une supplémentation en fer un jour sur deux. L’hypothèse reposait sur le rôle de l’hepcidine, une hormone qui régule l’absorption du fer. Après la prise d’un complément, le taux d’hepcidine augmente temporairement, ce qui pourrait réduire l’absorption de la dose suivante lorsqu’elle est prise trop rapidement.
Cette théorie a conduit certains spécialistes à privilégier des prises espacées afin d’optimiser l’utilisation du fer par l’organisme.
La nouvelle étude, publiée en janvier 2026 dans la revue Clinical Nutrition, apporte cependant un éclairage différent. Les chercheurs ont suivi 60 femmes âgées de 18 à 45 ans présentant une carence en fer. Les participantes ont été réparties en deux groupes : l’un recevait 60 mg de fer élémentaire chaque jour, l’autre 120 mg un jour sur deux, soit une quantité totale de fer équivalente sur la durée de l’essai.
Après deux semaines de supplémentation, les deux stratégies ont permis d’améliorer le statut martial des participantes. Mais plusieurs indicateurs liés à la fabrication des globules rouges ont davantage progressé dans le groupe recevant du fer quotidiennement. Les chercheurs ont notamment observé une amélioration plus importante du volume globulaire moyen, de la teneur en hémoglobine des globules rouges et du nombre de réticulocytes, des cellules sanguines immatures témoignant de la production de nouveaux globules rouges.
Faut-il abandonner la prise alternée ?
Pas si vite… L’étude présente plusieurs limites importantes. D’abord, il s’agit d’un essai pilote de petite taille, avec seulement 60 participantes. Ensuite, la durée de suivi n’était que de 14 jours, une période relativement courte pour évaluer pleinement l’impact d’une supplémentation en fer sur les réserves de l’organisme.
Autre élément notable : les chercheurs n’ont pas observé de différence significative entre les deux groupes concernant les effets secondaires digestifs, l’inflammation intestinale ou les principaux marqueurs du statut en fer. Autrement dit, la prise quotidienne semble avoir offert un léger avantage sur certains paramètres hématologiques, sans démontrer de supériorité nette sur l’ensemble des critères étudiés.
Ces résultats ne suffisent donc pas à invalider les travaux précédents qui avaient montré qu’une prise un jour sur deux pouvait être mieux tolérée chez certaines personnes tout en permettant de restaurer efficacement les réserves en fer.
Pour les professionnels de santé, le message reste pragmatique : il n’existe probablement pas une seule stratégie universelle. Chez certaines patientes, notamment en cas d’anémie ou lorsqu’une correction rapide est recherchée, une prise quotidienne pourrait être privilégiée. Pour d’autres, en particulier lorsque les troubles digestifs compliquent l’observance du traitement, un schéma un jour sur deux conserve tout son intérêt.
La question du rythme optimal de supplémentation en fer reste donc ouverte. Mais cette nouvelle étude rappelle une chose essentielle : en nutrition comme en médecine, les recommandations évoluent au rythme des données scientifiques !

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