Une enquête, menée par INTIMINA, révèle que plus de deux Françaises sur trois ont déjà souffert lors d’un rapport sexuel. Entre banalisation de la douleur, pression sociale et manque d’information sur les solutions existantes, les douleurs intimes féminines demeurent un sujet à prioriser…

Crédit photo : Jacob Wackerhausen / istock

Pendant longtemps, la douleur féminine a été reléguée au second plan, considérée comme une fatalité ou un désagrément passager. Pourtant, les chiffres dévoilés par INTIMINA à l’occasion de la Journée mondiale du bien-être dressent un constat sans appel : les douleurs intimes touchent aujourd’hui une immense majorité de femmes et leurs conséquences dépassent largement la seule sphère sexuelle.

L’étude révèle que 79 % des Françaises ont déjà souffert d’au moins une forme de douleur intime au cours de leur vie, qu’il s’agisse de rapports sexuels douloureux, d’examens gynécologiques inconfortables ou encore de difficultés liées à l’utilisation de protections menstruelles internes.

Une souffrance intime en forte progression depuis plus de trente ans

L’un des enseignements les plus marquants de cette enquête est l’évolution de la prévalence des douleurs sexuelles. En 1992, 48 % des femmes déclaraient avoir déjà vécu un rapport sexuel douloureux. En 2026, elles sont désormais 67 %, soit une hausse de 19 points en un peu plus de trois décennies.

Plus inquiétant encore, parmi les femmes ayant eu une activité sexuelle avec pénétration vaginale au cours des douze derniers mois, plus de huit sur dix déclarent avoir déjà souffert pendant un rapport.

Les générations les plus jeunes ne sont pas épargnées. La Gen Z affiche les taux les plus élevés de vaginisme et de dyspareunies, tandis que les femmes âgées de 50 à 59 ans apparaissent comme la catégorie la plus touchée par les douleurs intimes dans leur ensemble. Des chiffres qui témoignent d’un phénomène transversal, affectant toutes les étapes de la vie des femmes.

Malgré cette réalité, certaines pathologies demeurent largement méconnues. Seules 58 % des Françaises connaissent le terme « vaginisme », 19 % celui de « vulvodynie » et à peine 18 % celui de « dyspareunies ». Une méconnaissance qui contribue à retarder les diagnostics et l’accès aux soins.

Quand la douleur devient une norme : six femmes sur dix ont déjà accepté un rapport malgré la souffrance

L’enquête met également en lumière une réalité assez préoccupante : 61 % des femmes ayant déjà souffert lors d’un rapport sexuel déclarent avoir accepté une pénétration vaginale malgré la douleur ressentie.

Ce phénomène atteint même 70 % chez les femmes âgées de 30 à 39 ans et concerne près de neuf femmes sur dix parmi celles souffrant actuellement de vaginisme ou de douleurs vulvaires.

Pourquoi continuer malgré la douleur ? Une majorité des répondantes évoque l’existence d’une pression sociale ou culturelle. Au total, 57 % des Françaises estiment que les femmes sont encore poussées à accepter des rapports sexuels avec pénétration même lorsqu’ils sont douloureux.

Cette perception est particulièrement forte chez les jeunes générations et souligne aussi le poids persistant des injonctions qui peuvent conduire certaines femmes à minimiser leurs douleurs ou à les considérer comme inévitables.

Santé mentale, désir, couple : des répercussions bien au-delà de la chambre

Les conséquences des douleurs sexuelles sont loin d’être anecdotiques. Elles affectent durablement la qualité de vie, la santé psychologique et les relations affectives.

Parmi les femmes concernées, 58 % ont déjà évité une relation sexuelle en raison de la douleur. Plus d’une sur deux déclare avoir perdu du plaisir sexuel, tandis qu’une femme sur deux évoque une baisse du désir ou de la libido.

L’anxiété est également omniprésente : 46 % des répondantes disent appréhender les rapports sexuels à cause de leurs douleurs. Près de trois sur dix rapportent une dégradation de leur estime personnelle, un chiffre qui grimpe à 41 % chez les plus jeunes.

Les répercussions peuvent même toucher les projets de vie. 15% des femmes concernées affirment avoir déjà hésité à avoir des enfants ou renoncé à ce projet en raison de leurs douleurs, tandis que 13 % ont mis fin à une relation amoureuse.

Pourtant, alors que la parole se libère progressivement, l’accès aux soins demeure insuffisant. Seules 39 % des femmes ayant souffert de douleurs vaginales ont déjà consulté un professionnel de santé spécifiquement pour ce motif. Parmi celles qui ne l’ont jamais fait, plus d’un tiers considéraient ces douleurs comme normales et plus d’une sur cinq éprouvait de la honte à en parler.

Le chiffre le plus alarmant reste sans doute celui-ci : une Française sur deux ignore qu’il existe des solutions thérapeutiques et des parcours de rééducation spécialisés pour traiter des troubles comme le vaginisme ou les dyspareunies.

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