Et si quelques millilitres de salive pouvaient contribuer à mettre fin à des années d’errance diagnostique ? Au Royaume-Uni, une nouvelle étape vient d’être franchie avec Endotest, un test salivaire destiné à aider au diagnostic de l’endométriose.

Pendant des années, le parcours des femmes atteintes d’endométriose s’est souvent résumé à une succession d’examens, de consultations, de symptômes minimisés et de délais d’attente. Aujourd’hui, la recherche explore une autre voie : chercher les traces biologiques de la maladie dans des échantillons faciles à prélever, comme la salive.
C’est précisément le principe de l’Endotest, un test développé pour détecter une signature particulière de microARN associée à l’endométriose.
Le sujet est d’autant plus intéressant que le Royaume-Uni vient de faire évoluer sa position. En juillet 2026, le NICE (le National Institute for Health and Care Excellence), l’organisme britannique qui évalue notamment les technologies de santé avait recommandé l’utilisation précoce de deux technologies, Endotest et EndoSure, dans le cadre d’une période de collecte de données.
Après consultation et réexamen des données, la recommandation a été actualisée en septembre : seul Endotest est désormais retenu, pour une période de quatre ans pendant laquelle de nouvelles données doivent être recueillies. Les preuves concernant EndoSure, DotEndo et Endomkit sont actuellement considérées comme insuffisantes pour recommander leur financement par le NHS (National Health Service, système de santé britannique).
Pourquoi le diagnostic de l’endométriose met-il autant de temps ?
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique dans laquelle du tissu semblable à celui de l’endomètre se développe en dehors de la cavité utérine. Ces lésions peuvent notamment toucher les ovaires, le péritoine, les trompes, la vessie ou encore l’intestin.
Mais l’endométriose ne se présente pas de la même manière chez toutes les femmes…
Certaines souffrent de règles extrêmement douloureuses. D’autres présentent des douleurs pendant les rapports, des douleurs à la défécation ou au moment d’uriner, des douleurs pelviennes chroniques, des troubles digestifs, une fatigue importante ou des difficultés à concevoir.
Et surtout : l’intensité des symptômes ne permet pas à elle seule de déterminer l’étendue de la maladie. Le diagnostic repose donc sur un faisceau d’éléments : histoire clinique, symptômes, examen gynécologique, imagerie, notamment échographie spécialisée et parfois IRM et, dans certaines situations, chirurgie. Cette complexité contribue aux retards de diagnostic.
Au Royaume-Uni, le NICE estime actuellement que le délai moyen peut dépasser neuf ans. Une enquête menée auprès de plus de 10 000 femmes avait par ailleurs montré que plus de la moitié avaient consulté leur médecin généraliste plus de dix fois avant d’obtenir un diagnostic.
Derrière ces chiffres, il y a surtout une réalité : pendant ces années, la maladie et ses conséquences peuvent continuer à peser sur la vie quotidienne, les études, le travail, la sexualité, la fertilité et la qualité de vie.

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