À l’occasion de la 2ᵉ Journée Action Santé Cardiovasculaire de la Femme, organisée par Action Groupe à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, les professionnels de santé ont rappelé un message essentiel : l’infarctus peut toucher aussi bien les femmes que les hommes et doit être reconnu le plus tôt possible.

Un infarctus du myocarde correspond à une souffrance du muscle cardiaque liée à un manque d’oxygène.
La cardiologue Stéphane Manzo-Silberman explique : « Un infarctus du myocarde ce sont les cellules du cœur qui vont souffrir puis mourir car elles vont manquer d’oxygène. Le sang ne circule plus ou mal dans les artères du cœur, les artères coronaires, ce qui va engendrer une souffrance d’un manque d’oxygène. »
Concrètement, une artère coronaire se bouche, empêchant le sang d’apporter l’oxygène nécessaire au cœur. Sans prise en charge rapide, les cellules cardiaques peuvent mourir.
La cardiologue insiste sur le signe d’alerte principal à ne jamais ignorer : « le signe à ne pas manquer en début d’infarctus chez la femme comme chez l’homme c’est la gêne au niveau thoracique, au niveau de la poitrine. Toute sensation intense, inhabituelle qui va se situer dans cette zone doit alerter. Si ça dure plus de 15 minutes il faut appeler le 15. »
Les symptômes qui doivent alerter
Lors de cette journée de sensibilisation, les spécialistes ont rappelé les symptômes de douleur thoracique pouvant être d’origine cardiaque : douleur dans le centre de la poitrine, sensation de serrement ou d’oppression, lourdeur ou malaise thoracique, douleur qui peut s’étendre vers la mâchoire, le bras, le cou ou le dos, sensation d’indigestion, douleur qui peut apparaître à l’effort.
Chez les femmes, l’infarctus peut aussi s’accompagner de signes parfois moins typiques : nausées ou vomissements, éructations, fatigue inhabituelle, sueurs froides, vertiges, anxiété brutale, faiblesse généralisée soudaine. Ces symptômes peuvent rendre le diagnostic plus difficile, ce qui explique l’importance de la sensibilisation.
Mythes et réalités sur l’infarctus chez les femmes
Les données présentées lors de l’événement rappellent plusieurs idées reçues et réalités importantes. L’infarctus n’est pas moins grave chez les femmes : les taux de mortalité à l’hôpital après un infarctus sont deux fois plus élevés chez les femmes que chez les hommes. Le tabagisme représente également un risque particulièrement important : il augmente le risque d’infarctus d’environ 30 % chez les femmes par rapport aux hommes, surtout chez les jeunes femmes.
Certaines complications de grossesse peuvent aussi avoir un impact sur la santé cardiovasculaire. Elles augmentent de 25 à 50 % le risque de maladie cardiovasculaire dans les dix années suivantes.
Enfin, la réadaptation cardiaque joue un rôle essentiel dans la prévention des récidives. Elle permet de réduire la mortalité et le risque de nouvel infarctus d’environ 50 %.
Face à une douleur thoracique inhabituelle ou persistante, chaque minute compte. Le message des cardiologues est clair : « si une gêne thoracique dure plus de 15 minutes, il faut appeler immédiatement le 15. »

Laisser un commentaire