Dans le grand concert silencieux de notre organisme, tout commence par une cellule, appelée à devenir un cerveau capable de penser, ressentir, apprendre et se souvenir. Et dans cette architecture d’une complexité vertigineuse 86 milliards de neurones et près de 100 000 milliards de connexions certaines molécules jouent un rôle discret mais fondamental : les oméga-3. Parmi eux, un acide gras en particulier attire aujourd’hui l’attention des chercheurs : le DHA.

Une nouvelle étude clinique randomisée publiée récemment relance le débat scientifique : ces lipides marins pourraient influencer bien plus que la santé cardiovasculaire notamment notre stress, notre sommeil, notre mémoire et notre équilibre émotionnel.
Pour comprendre l’importance des oméga-3, il faut d’abord plonger au niveau microscopique…
Les acides gras EPA et DHA font partie intégrante des membranes cellulaires. Ils participent à trois fonctions fondamentales : la structure de la cellule, son fonctionnement, la communication entre cellules. Plus la proportion d’oméga-3 est élevée dans ces membranes, plus celles-ci deviennent souples et fonctionnelles, favorisant une meilleure communication cellulaire.
Or, la santé de nos cellules détermine celle de tout l’organisme.
C’est la raison pour laquelle les scientifiques mesurent parfois ce que l’on appelle l’indice oméga-3 : la proportion d’EPA et de DHA dans les globules rouges. Cet indicateur reflète la présence de ces acides gras dans de nombreux tissus du corps, y compris le cerveau.
Les besoins en DHA commencent très tôt dans la vie.
Le dernier trimestre de grossesse et les deux premières années représentent une période spectaculaire de développement cérébral : des millions de neurones se forment chaque minute, le cerveau atteint environ 80 % de sa taille adulte vers 2 ans
Cette croissance fulgurante explique pourquoi les spécialistes de la nutrition recommandent un apport spécifique en DHA chez les femmes enceintes, les nourrissons et les jeunes enfants.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Une deuxième période critique : l’adolescence
Le cerveau continue de se remodeler pendant l’enfance et l’adolescence. Durant ces années, le DHA participe notamment à la régulation des émotions, l’attention, le contrôle des impulsions et à l’apprentissage du langage
Et… Contrairement à ce que l’on croyait autrefois, le cerveau n’est pas un organe figé. Sa structure évolue tout au long de la vie. Certaines études montrent que des niveaux plus élevés de DHA dans l’organisme sont associés à une meilleure préservation de certaines régions cérébrales et un volume hippocampique plus important, une zone clé pour la mémoire.
Ces observations nourrissent l’hypothèse selon laquelle les oméga-3 pourraient jouer un rôle dans le maintien des fonctions cognitives avec l’âge.
Notre organisme produit très peu d’EPA et de DHA. Certains oméga-3 d’origine végétale, comme l’ALA, peuvent être convertis en EPA et DHA… mais moins de 10 % seulement y parviennent. Et les principales sources sont les poissons gras (sardine, maquereau, saumon), les huiles d’algues, certains compléments alimentaires.
Le lien entre oméga-3 et santé mentale.
La nouvelle étude randomisée publiée récemment s’intéresse à un sujet très actuel : le lien entre oméga-3 et santé mentale.
Les chercheurs ont observé l’effet d’une supplémentation sur plusieurs paramètres : le stress, l’anxiété, la dépression, la mémoire, la qualité du sommeil. Même si la recherche se poursuit, les résultats suggèrent que les oméga-3 pourraient influencer certains mécanismes cérébraux liés à la régulation émotionnelle et cognitive.
Un domaine scientifique en pleine effervescence !


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