Difficultés de concentration, oublis fréquents, esprit qui décroche… Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) reste encore largement mystérieux.

Une étude récente de l’Inserm apporte toutefois un point de vue inédit en suggérant que, chez certaines personnes, le cerveau pourrait brièvement basculer dans un état proche du sommeil alors même qu’elles sont éveillées : « Dans une étude internationale publiée le 16 mars dans le Journal of Neuroscience, des scientifiques de l’Inserm à l’Institut du Cerveau (Inserm/CNRS/Sorbonne Université), et de l’Université Monash, en Australie, suggèrent que les symptômes de ce trouble pourraient être liés à l’intrusion d’ondes lentes, habituellement observées lors du sommeil, pendant l’éveil. Ce phénomène, appelé « sommeil local », pourrait offrir une explication aux baisses d’attention et à la somnolence souvent observées chez les personnes atteintes de TDAH. » (INSERM)
TDAH : des micro-endormissements du cerveau qui perturbent l’attention
Les chercheurs ont mis en évidence un phénomène surprenant : des ondes cérébrales lentes, habituellement associées au sommeil profond, apparaissent parfois en pleine activité chez des adultes atteints de TDAH. Ce phénomène, appelé “sommeil local”, correspond à des micro-pauses du cerveau durant lesquelles certaines zones cérébrales cessent temporairement de fonctionner de manière optimale.
Ces intrusions ont des conséquences concrètes sur les performances cognitives. Elles se traduisent par des erreurs d’inattention plus fréquentes, des temps de réaction ralentis et une concentration instable. Plus ces ondes sont présentes, plus les difficultés augmentent.
Symptômes du TDAH : comprendre les “coupures mentales” et le manque de concentration
Ces micro-endormissements pourraient expliquer des expériences souvent rapportées par les personnes concernées, comme le vagabondage mental ou la sensation soudaine de vide. Ces épisodes ne seraient donc pas simplement liés à un manque de volonté ou à une distraction classique, mais à un mécanisme biologique mesurable.
Il est important de noter que ce phénomène existe chez tout le monde, notamment en cas de fatigue ou de manque de sommeil. Toutefois, dans le cas du TDAH, ces épisodes seraient plus fréquents, plus intenses et plus perturbants dans la vie quotidienne.
Traitement du TDAH : une nouvelle piste liée à la régulation du sommeil
Cette découverte ouvre une nouvelle perspective en suggérant que le TDAH pourrait être lié, au moins en partie, à un trouble de la régulation de l’éveil. Le cerveau aurait davantage de difficultés à maintenir un état de vigilance stable au cours du temps.
Les chercheurs estiment que ces ondes pourraient devenir un indicateur utile pour affiner le diagnostic. Elles pourraient également orienter de nouvelles approches thérapeutiques, notamment en mettant davantage l’accent sur la qualité du sommeil, la gestion de la fatigue mentale et la stabilisation de l’attention.

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