Les recommandations portées notamment par la Global Initiative for Asthma ont profondément transformé la prise en charge de l’asthme. Elles actent un changement majeur : les traitements reposant uniquement sur des bronchodilatateurs de courte durée d’action ne sont plus adaptés.

Désormais, les corticoïdes inhalés sont recommandés, y compris chez les patients peu symptomatiques, afin de traiter l’inflammation chronique et prévenir les exacerbations.
Pourtant, ces évolutions restent encore inégalement appliquées, en particulier en médecine de premier recours. Manque de temps, de formation ou de connaissance des stratégies thérapeutiques : autant de freins qui expliquent ce décalage entre recommandations et pratiques.
Asthme : 900 décès par an et des inégalités d’accès aux soins persistantes
En France, l’asthme est responsable d’environ 900 décès chaque année, dont une part importante chez les enfants et les adolescents. Un chiffre d’autant plus préoccupant qu’une grande partie de ces décès pourrait être évitée grâce à un diagnostic précoce, une meilleure observance des traitements et une prise en charge adaptée.
Les passages aux urgences pour exacerbations graves restent fréquents, révélant les limites actuelles du suivi des patients. Le professeur Pascal Chanez, membre du réseau CRISALIS, souligne que « même des patients peu symptomatiques peuvent présenter un risque d’exacerbation grave » et appelle à « tendre vers zéro passage aux urgences ».
Dans le même temps, les innovations thérapeutiques, notamment les biothérapies ciblées, ouvrent de nouvelles perspectives pour les formes sévères. Mais leur accès reste très inégal selon les territoires et les situations socio-économiques, tout comme l’accès aux spécialistes.
Prévention, coordination et recherche : les clés pour améliorer la prise en charge de l’asthme
Face à ces enjeux, la coordination entre professionnels de santé apparaît essentielle. « Les patients doivent recevoir un discours cohérent », rappelle le professeur Arnaud Bourdin. Médecins généralistes, pneumologues, allergologues et pharmaciens doivent harmoniser leurs pratiques pour favoriser l’adhésion aux traitements.
Des outils comme le dossier médical partagé ou l’implication croissante des pharmaciens, notamment dans la vaccination, constituent des pistes d’amélioration, encore en cours de structuration.
Parallèlement, la prévention s’impose comme un axe prioritaire. Les experts du réseau CRISALIS insistent sur une approche globale intégrant les facteurs environnementaux (pollution, allergènes) et comportementaux (tabagisme, alimentation, activité physique).
La recherche, soutenue notamment par F-CRIN et l’Inserm, explore désormais l’impact de l’environnement dès les premières étapes de la vie, y compris pendant la grossesse, afin de mieux prévenir l’apparition de la maladie.
À l’occasion de la journée mondiale de l’asthme, le 5 mai, des initiatives de sensibilisation portées par la European Respiratory Society et la Fondation du Souffle viendront rappeler une réalité : l’asthme reste une maladie chronique trop souvent banalisée, alors qu’une prise en charge adaptée permettrait d’éviter une grande partie de ses complications.

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