La douleur chronique ne touche pas les femmes et les hommes de la même manière. En France, les femmes représentent 57 % des personnes concernées selon les dernières données de l’enquête PREVADOL.

Une douleur devient chronique lorsqu’elle persiste dans le temps, généralement au-delà de trois mois. Et le phénomène est loin d’être marginal : selon l’enquête PREVADOL 2025, menée auprès de 11 940 adultes français, environ 42 % de la population adulte, soit près de 23 millions de personnes, vivent avec une douleur chronique. Parmi elles, 57 % sont des femmes et 43 % des hommes.
Les douleurs musculosquelettiques représentent notamment une part importante du phénomène, avec une prévalence estimée à 36 %. Les douleurs céphaliques concernent quant à elles environ un tiers de la population adulte.
Mais derrière ces chiffres se trouvent aussi des pathologies particulièrement fréquentes chez les femmes : endométriose, migraine, fibromyalgie, douleurs pelviennes chroniques ou encore certaines douleurs liées au système musculosquelettique.
L’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP) rappelle d’ailleurs que les femmes sont davantage concernées par la plupart des formes de douleur chronique et que certaines douleurs sont directement liées à l’anatomie et à la physiologie féminines.
La biologie ne raconte pas toute l’histoire
Les chercheurs étudient notamment le rôle des hormones sexuelles, du système immunitaire, du système nerveux et de certains mécanismes moléculaires de la douleur.
Une revue publiée en 2024 dans Neuroscience & Biobehavioral Reviews montre que certains mécanismes biologiques impliqués dans l’hypersensibilité douloureuse diffèrent selon le sexe. Les auteurs décrivent notamment des voies impliquant la microglie, le CGRP et la prolactine.
Mais il serait réducteur d’expliquer la différence uniquement par les hormones ou la biologie. Les facteurs sociaux, économiques, psychologiques et les conditions de vie peuvent également intervenir dans l’expérience et la prise en charge de la douleur.
Une revue publiée en 2025 pointe ainsi que les différences observées dans la douleur chronique résultent probablement d’une combinaison de facteurs biologiques, psychosociaux et socio-économiques.
Mieux comprendre la douleur pour mieux la prendre en charge
La question est désormais aussi celle de la recherche.
En France, le projet Dolora, présenté récemment par l’Inserm, associe chercheuses et associations de patientes afin de mieux comprendre les douleurs chroniques vécues par les femmes. Le projet fait notamment intervenir des disciplines différentes, des neurosciences à l’épidémiologie et à la sociologie.
Cette approche est importante car la douleur chronique n’est pas une maladie unique. Elle peut avoir des causes et des mécanismes multiples, et sa prise en charge doit tenir compte du contexte médical et individuel de chaque patiente.
Une revue systématique publiée dans le BJOG en 2025 souligne d’ailleurs l’intérêt d’approches dites biopsychosociales pour les douleurs pelviennes chroniques féminines, c’est-à-dire des prises en charge qui ne se limitent pas au seul traitement médicamenteux mais prennent aussi en compte les dimensions physiques, psychologiques et sociales.

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